Ce que votre site de vente d’alcool doit (vraiment) mentionner : mode d’emploi légal

24 juin 2026

Vendre de l’alcool en ligne : un parcours balisé par la loi

Entre le code de la consommation, le code de la santé publique et le RGPD qui plane au-dessus de chaque formulaire de contact, la vente en ligne d’alcool c’est, pour parler poliment, un marathon administratif (source : Service-public.fr). Mais ne partons pas défaitistes. Voici ce qu’il faut apposer sur son site pour dormir (presque) tranquille.

Mentions légales : le socle légal, à copier sans trembler

Les mentions légales sont OBLIGATOIRES dès lors que vous éditez un site web, que vous soyez pro ou amateur éclairé. Oui, même pour “juste un blog avec deux bouteilles à vendre”. Et pour la vente d’alcool, l’exigence grimpe encore d’un cran (source : Loi n° 2004-575 pour la confiance dans l’économie numérique).

Les mentions « classiques » à afficher

  • Identité de l’éditeur : nom, prénom (si auto-entrepreneur ou EI), raison sociale (si société), adresse, numéro SIREN/SIRET.
  • Coordonnées de contact : adresse e-mail, téléphone (ce n’est plus obligatoire, mais conseillé).
  • Directeur ou responsable de publication : le fameux « directeur de publication » souvent oublié.
  • Nom et coordonnées de l’hébergeur : société, adresse et contact.
  • Numéro de licence d’alcool : pour la vente en ligne, il s’agit généralement d’une licence à emporter, délivrée par la mairie ou la préfecture.

À savoir : Le défaut de mentions légales est sanctionné d’une amende pouvant aller jusqu’à 75 000 € pour une personne morale (source : CNIL).

Vendre de l’alcool : des obligations (vraiment) spécifiques

Le vin est convivial, la législation, moins. Voici les spécificités incontournables qui concernent exclusivement la vente d’alcool en ligne.

L’âge légal : prévenir l'accès des mineurs

Votre site doit absolument contenir un message d’avertissement interdisant la vente d’alcool aux mineurs (source : Ministère de la Santé).

  • Message obligatoire : « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération. La vente d’alcool est interdite aux mineurs de moins de 18 ans. »
  • Contrôle d’âge : Un module de vérification de l’âge (case à cocher ou pop-up) à l’entrée du site ou lors de la commande.

Petit détail qui a son importance : demander la date de naissance de l’acheteur à la commande est une option — pas une obligation stricte en France — mais c’est vivement recommandé (source : DGCCRF).

Affichage sanitaire et prévention

  • Message sanitaire obligatoire : la petite phrase « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération. » doit figurer sur chaque page de vente de boissons alcoolisées.
  • Iconographie : ajouter un pictogramme « femme enceinte barrée » est conseillé (source : Santé Publique France).

Publicité et parrainage : le piège de la loi Evin

Rien de plus risqué que de jouer avec la loi Evin sur la promotion de l’alcool. Les règles sont drastiques, surtout sur le digital :

  • Pas de « fêtez avec du vin ! »
  • Pas d’incitation à la consommation excessive.
  • Seules les informations « objectives » et factuelles sur le produit (origine, composition, mode de fabrication, appellation) sont tolérées dans la publicité.

Rappel : Les influenceurs doivent, eux aussi, respecter scrupuleusement ces restrictions dans leurs publications sponsorisées.

Et le RGPD dans tout ça ?

Impossible aujourd’hui de vendre une quille sans collecter quelques (dizaines de) données. Mais gare à l’indigestion d’informations personnelles :

  • Informer l’utilisateur : finalités du traitement, durée de conservation, droits d’accès/suppression, contact du DPO.
  • Consentement pour les cookies : il faut recueillir un consentement clair et actif (pas de cases pré-cochées) pour les cookies hors fonctionnement pur du site.
  • Formulaires : indiquer si la date de naissance est récoltée uniquement à des fins de vérification d’âge et ne sera pas utilisée à d’autres fins commerciales.

Le RGPD ajoute donc une couche de complication, mais aussi de sécurité pour vous (source : CNIL).

CGV et politique de livraison : les incontournables du e-commerce

Impossible d’y couper : il faut des conditions générales de vente (CGV) claires et accessibles. Ce n’est pas seulement obligatoire, c’est aussi la base pour éviter les litiges.

Obligation Description Référence
CGV affichées Accessible sur toutes les pages ; comportant les prix, frais de livraison, modalités de paiement et droit de rétractation (hors produits descellés pour l’alcool) Code de la Consommation
Information sur la livraison Délai, transporteur, restrictions géographiques, modalités de retour Article L221-5
Droit de rétractation Possibilité de retour sous 14 jours SAUF bouteilles débouchées ou personnalisées Article L221-28
Restrictions à l’export Certains pays interdisent la livraison d’alcool DGCCRF, Douanes

Checklist pratique : l’essentiel à retrouver sur votre site

  • Mentions légales générales : identité, contact, hébergeur, n° licence d’alcool
  • Avertissement sur l’âge et la consommation d’alcool
  • Vérification de l’âge à l’accès ou lors de l’achat
  • Pictogramme femme enceinte barrée (recommandation)
  • Mise en avant des CGV, politique de confidentialité, politique de cookies
  • CGV adaptées à la vente d’alcool, y compris exception pour droit de rétractation
  • Respect des obligations du RGPD
  • Restrictions spécifiques selon zones géographiques (export)
  • Respect strict de la loi Evin pour la communication online et offline

Anecdotes et pièges courants

  • L’erreur classique : oublier l’affichage du numéro de licence à emporter. Régulièrement source de sanction pour les petits sites.
  • Le pop-up d’âge « Oui/Non » sans contrôle : facile à contourner, peu dissuasif, mais sans ça, l’amende tombe vite.
  • Les CGV copiées/collées : les CGV génériques pleines de mentions inutiles ou dépassées font tiquer la DGCCRF.
  • Les promotions de type “offre 3 bouteilles, la 4ème offerte” : potentielle incitation à la consommation excessive, à manier avec précaution dans la communication.

Pour aller plus loin : ressources, modèles et bonnes pratiques

Mentions légales : contraintes ou atout pour la filière vin ?

Les obligations légales sont bien plus qu’une gymnastique administrative pour votre site. Bien gérées, elles rassurent l’acheteur, protègent le vendeur et permettent de se démarquer dans un secteur souvent mal informé. Entre un site qui coche toutes les cases et un autre à la limite du légal, devinez lequel inspire le plus confiance (et convertit le mieux) ?

La loi n’est pas toujours synonyme de lourdeur : un site bien fait, transparent, c’est aussi une marque qui grandit pour de bon. Pour les entrepreneurs du vin qui veulent durer, le respect des obligations est la meilleure piqûre de rappel : entre un bon vin et une bonne conformité, il faut choisir les deux !

En savoir plus à ce sujet :