Filtres dans les applis vin : simple gadget ou vrai outil pour épicuriens connectés ?

Des applis qui ont du nez

Le rêve d'un sommelier digital : pourquoi filtrer par cépage, millésime ou type de vin ?

S’il y a bien une question qui revient lorsque l’on commence à explorer les applications dédiées au vin, c’est : “Est-ce que je peux filtrer par cépage, millésime ou type de vin ?” À l’heure où le choix sur les cartes des restaurants et dans les catalogues de cavistes s’apparente à un marathon (près de 3 240 cépages officiellement recensés dans le monde, selon l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin), la fonctionnalité filtrer paraît tout simplement indispensable. Mais la tech sait-elle vraiment répondre aux attentes des amateurs de syrah 2015 ou de chardonnay sans boisé ? Et faut-il s’en contenter ?

Ce que les applications proposent (ou pas) aujourd’hui

Pour répondre : il n’y a pas de vérité unique. Selon une étude menée en 2023 par Wine Intelligence, 61% des utilisateurs français cherchent une fonctionnalité de filtrage avancé sur leur appli vin. Quelle est la réalité sur le terrain ? Plongée dans trois grandes familles d'applis et ce qu'elles proposent :

Selon les tests de TAGAWINE et les retours des utilisateurs sur les stores, seule une poignée d’applications permettent de cumuler tous les filtres (cépage, millésime, type de vin) de façon fluide et pertinente. La raison ? Un mélange de contraintes techniques et… humaines.

Pourquoi ce n’est pas si simple : la face cachée du filtrage

Filtrer par cépage ou millésime semble, à première vue, le B.A.-BA d’une appli vin. Mais il y a un monde entre la théorie et la pratique :

Quand les données ne suivent pas, la tech rame

Le résultat, c’est que la jolie molette “filtrer par cépage” peut parfois ne fonctionner qu’à moitié. Selon une enquête réalisée par Le Monde du Vin, environ 65% des applications recensées proposaient des filtres, mais moins de 50% assuraient qu’ils fonctionnaient sur “100 % de l’offre référencée”. En clair : il faut parfois accepter quelques angles morts.

Petites variantes, gros effets : tout dépend de l’usage recherché

Filtrer par cépage ou millésime n’a pas du tout le même intérêt quand on cherche à :

  1. Déguster un vin dans un bar à vin branché (usage immédiat)
  2. Composer une cave à long terme (données précises)
  3. Comparer un même vin sur plusieurs années (fonction d’analyse)

Quelques exemples de situations concrètes :

La réalité du filtrage côté applications majeures(et quelques outsiders à surveiller)

Données structurées : vue de l’esprit ou révolution en marche ?

Une majorité d’applications butent encore sur la qualité des données… Mais l’industrie avance. Depuis 2021, l’OIV pousse à la création d’open data structurées pour les professionnels. L’objectif ? Permettre à terme un vrai “Google du vin”, où chaque signalement de cépage ou de millésime serait validé, harmonisé, interopérable entre applis, cavistes et producteurs.

Quelques avancées encore modestes :

Mais pour l’instant, rares sont les apps bénéficiant de cette puissance. Les “vieux” réflexes persistent : le bouche-à-oreille, la confiance envers son caviste et… la patience face à la molette de filtrage.

Conseils à l’usage : comment tirer profit des filtres sans se perdre dans la tech

Vers un vin numérique sur mesure ?

La vérité : filtrer ses recherches par cépage, millésime ou type de vin, ce n’est pas encore de la magie. C’est parfois un vrai plus, parfois une illusion de contrôle. Mais c’est aussi la preuve que le monde du vin s’ouvre (lentement) aux codes de la tech, entre tradition, histoires de famille… et envies de simplicité.

Demain, la bataille se jouera sans doute sur la qualité des bases ouvertes, la collaboration entre producteurs, et l’ingéniosité des designers d’UX. En attendant, filtrer reste un outil : pas un oracle, mais le meilleur allié pour s’y retrouver dans un océan de bouteilles. Et c’est déjà pas mal.

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