Quels domaines provençaux sont passés sous le radar de l’IA ?
Ici, pas de secret de polichinelle : l’adoption de l’IA dans la viticulture provençale reste une aventure de pionniers, même si le mouvement s’accélère. Quelques exemples marquants et des usages concrets observés sur le terrain.
Château Sainte Roseline : IA et photographie aérienne sur la route des Grands Crus Classés
À Les Arcs-sur-Argens (Var), le Château Sainte Roseline, l’un des rares Grands Crus Classés de Provence, a été parmi les premiers à jouer la carte du numérique. Dès 2018, le domaine a collaboré avec la start-up VineView (source : Les Clés du Vin) pour déployer des drones et des capteurs, capables d’analyser l’état sanitaire de la vigne et la qualité du feuillage grâce à l’imagerie multispectrale.
- Détection précoce du stress hydrique, permettant des interventions ciblées et évitant l’arrosage à l’aveugle
- Estimation des rendements quasi en temps réel, facilitant la logistique des vendanges
- Cartographie des zones de vigueur pour adapter fertilisation, traitements et pratiques culturales
Domaine La Cavale : IoT et prévision personnalisée des récoltes dans le Luberon
Du côté du Luberon, le Domaine La Cavale, propriété de Paul Dubrule (fondateur d’Accor), ne fait pas mystère de son amour pour la technologie. Ici, c’est la solution de Preciseley qui accompagne l’équipe viticole. Sondes dans les sols, météo connectée, tableau de pilotage : l’IA se charge de croiser toutes ces données pour proposer un scénario précis sur la maturité, anticiper le stress hydrique et ajuster le calendrier des vendanges (source : Vitisphère).
Le résultat ? Des vendanges mieux ciblées, moins de pertes et, in fine, moins d’intrants, car on intervient où il faut, quand il faut.
Château Gassier : l’IA au service du bio et du climat dans la Sainte-Victoire
Situé à Puyloubier, face à la Sainte-Victoire (une petite merveille, soit dit en passant), le Château Gassier fait figure de laboratoire grandeur nature. Particulièrement engagé en agriculture biologique, le domaine a misé sur les outils d’analyse IA développés par la start-up toulousaine Smovia (source : mon-viti.com), capables de traiter des images satellites sur plusieurs années pour cartographier les parcelles, identifier d’éventuelles poches de stress et prévoir les besoins hydriques par zones.
Un atout de taille dans la gestion parcellaire, avec une pression moindre sur la ressource en eau, en pleine sécheresse estivale.
La Commanderie de Peyrassol : capteurs au garde-à-vous dans le Var
La Commanderie de Peyrassol (Flassans-sur-Issole), haut lieu historique de Provence, n’hésite pas à croiser médiévistes et data scientists. Ici, les sols sont équipés de capteurs envoyant en continu température, humidité et conductivité, pour suivre de près les besoins en eau et optimiser l’irrigation, via les solutions de Dafor.
- Lutte contre le stress hydrique – précieux, quand la parcelle « La Louve » affiche des taux records d’évaporation chaque été
- Anticipation des pics de maturité, en croisant IA et relevés sur plusieurs années