Comment les applis vin mettent en valeur les labels bio et biodynamiques ?

Des applis qui ont du nez

Pourquoi les labels AB, Demeter & co s’affichent (ou pas) sur les applis vin ?

Le monde du vin bio pèse lourd, dans les linéaires comme sur le digital. En 2022, un Français sur trois déclarait avoir acheté du vin bio dans l’année (source : IWSR). Cette progression se retrouve aussi dans l’attente de transparence : 47% des consommateurs interrogés par Wine Intelligence affirment vouloir avoir accès aux informations environnementales de leur bouteille, dont la présence de label. Mais la techno a ses limites.

Bref, faire remonter “automatiquement” la présence d’un label demande un vrai effort technique et éditorial. Malgré cela, quelques applis sortent du lot.

Le trio des applis qui s’engagent : focus, force et limites

Vivino : l’écosystème mastodonte… mais timide sur les labels

Impossible de ne pas évoquer Vivino, leader planétaire avec ses 65 millions d’utilisateurs (source : Vivino, chiffres 2023). Côté labels, l’appli évolue, mais reste frileuse : la fiche vin “Bio” est visible la plupart du temps uniquement en texte ou au sein de notes d’utilisateurs, rarement en filtre automatique.

Wine Searcher : un moteur costaud, mais attention à la précision des labels

Référence mondiale sur la data vin avec ses 12 millions de visiteurs mensuels, Wine Searcher intègre un moteur de recherche où l’on peut filtrer sur “Organic” ou “Biodynamic” (source : Wine Searcher, 2023).

Raisin : l’appli qui fait du “clean” une raison d’être

Petite pépite pour amateurs de vins naturels, Raisin recense plus de 10 000 adresses, vignerons, cavistes et bars naturels dans le monde (source : Raisin, 2024). Ici, l’accent est mis sur la transparence du mode de production, avec une fiche détaillée par vigneron.

Les outsiders, entre promesses et réalité

D’autres apps mentionnent les labels… parfois de façon anecdotique, parfois via de vraies fonctionnalités. Petit tour d’horizon :

Ce que les applis pourraient (vraiment) faire mieux…

La techno existe. La donnée, moins. Et la volonté, n’en parlons pas… Reste que le consommateur n’est plus dupe : de plus en plus d’usagers croisent les infos sur appli, site du domaine et réseaux sociaux. Pas fou, l’amateur de vin engagé – il sait très bien qu’un sticker “green” ne fait pas foi s’il n’est pas solide.

Zoom sur les données ouvertes et la blockchain – la piste 2025 ?

Une poignée de cas concrets commencent à émerger autour de la certification blockchain (voir le projet VinID, soutenu par le CIVB, source Vitisphère). L’idée : créer une fiche “inviolable” liant bouteille, parcelle, certification. D’ici à ce que de vraies applis s’en emparent, il faudra sûrement patienter. Mais l’ère du “label 2.0” est clairement en route.

Labels et applis : la force de la nuance

Au fond, que cherche un amateur de vin ? De la vérité, de l’engagement, et (reconnaissons-le) la petite émotion qui fait pétiller la dégustation. Difficile donc de tout attendre d’une appli : si la techno avance, elle reste tributaire de la transparence des producteurs, et d’un effort pédagogique qui manque encore trop souvent. Aujourd’hui, on retiendra trois tendances : l’avance réelle d’applis ultra-spécialisées type Raisin sur la question des labels certifiés, la prudence des “gros” joueurs (Vivino, Wine Searcher) malgré l’attente croissante du public, et une myriade d’initiatives, perfectibles mais inspirantes, du côté des startups et éditeurs français.

Pas besoin d’un doctorat en cryptographie vinicole pour trier une sélection bio sur son téléphone – mais l’idéal reste, comme toujours, d’aller faire un tour chez le caviste, d’échanger avec le vigneron lors d’un salon, et de croiser les sources. Les meilleures apps seront toujours celles qui servent la curiosité, pas celles qui la remplacent.

En savoir plus à ce sujet :